Ceci est donc un « blog », pour employer un mot à la mode, où sont compilées les impressions de deux Français, Marianne et Vincent, partis en Haïti dans le cadre d’un Volontariat de Solidarité Internationale. Venus à l’origine pour deux ans, nous sommes restés pour une troisième année.
Arrivés en août 2006, nous habitons en plein centre de Port-au-Prince, sur le Champ de Mars, ce qui nous permet de bien profiter des charmes de cette ville, qui malgré tout ce qu’on peut entendre n’en est pas dépourvue. Nous travaillons comme professeurs d’informatique (Vincent) et de sciences de l’éducation (Marianne) à l’Université Episcopale.
Ce que nous sommes venus faire ici
Nous sommes venus rencontrer les hommes et les femmes de ce pays, vivre avec eux, et réfléchir à la façon dont, sur notre planète mondialisée, nous pouvons mieux nous engager pour un monde plus fraternel. Nous apportons certes nos modestes compétences, mais surtout un regard différent, façonné par nos histoires, nos origines. Nous espérons que de cette situation pourront émerger des choses sympathiques. Nous pensons que nous avons peut-être plus à recevoir qu’à donner, au contact de toutes ces personnes qui se battent avec courage et bien souvent avec humour contre les difficultés de la vie ici.
Haïti, perle des Antilles...
Maintenant, deux petits mots d’introduction. Haïti est un petit pays qui a une histoire incroyable. C’est Toussaint Louverture, la révolte inattendue des esclaves contre l’inacceptable, et l’épopée des soldats de Dessalines qui rejettent à la mer l’armée napoléonienne.
C’est aussi un pays confluent, pays du nouveau monde, entre Amérique du Nord et Amérique du Sud, colonisé par les Européens, peuplé par des déportés africains. On dirait que quatre continents se retrouvent ici. L’histoire de ce petit bout de terre est marquée par la violence, du massacre des indiens à la déportation des africains et l’esclavage, de l’élimination des colons à l’émergence de nouvelles formes d’esclavage, comme celles que subissent aujourd’hui encore certains enfants. C’est ce qui rend aujourd’hui Haïti dur à vivre. Violence des rapports sociaux, violence des situations subies par les individus (un enfant de 7 ans dans la rue qui vous demande à manger, c’est très violent), violence des armes, celles des bandits comme celles des vigiles des magasins, violence du ressentiment, de la haine parfois envers ceux que l’on suppose être aujourd’hui les nouveaux colons.
Mais Haïti c’est aussi un pays magique, surréaliste au quotidien. Ici l’art est présent partout. De la musique qui éclate dans les rues aux arts plastiques de toutes sortes (peinture, ferronnerie sur bidons, papier mâché des masques de carnaval...). Voir passer devant soi un taptap richement bariolé d’où s’échappent les éclats de la musique compa est toujours un spectacle saisissant. « Dieu devant » proclame fièrement l’inscription à l’avant du véhicule. L’art rejoint d’ailleurs souvent la prière, le spirituel n’est jamais loin. Les groupes « rasin » (racines) déclenchent une ferveur incroyable avec des tubes qui sont des incantations aux loas (esprits vaudous). La danse bascule vite vers la transe.
Voici donc, ami visiteur, quelques petits textes par lesquels nous espérons transmettre certaines de nos découvertes et interrogations sur ce pays.


